Sur l’aide « humanitaire » d’urgence de 700 millions d’euros aux pays de l’Union

Sur l’aide « humanitaire » d’urgence de 700 millions d’euros aux pays de l’Union

Bruxelles a confirmé, mercredi 2 mars 2016, l’octroi en urgence de 700 millions d’euros sur trois ans aux pays de l’Union européenne en crise humanitaire; cette enveloppe est destinée essentiellement à la Grèce, afin de l’aider à venir au secours des dizaines de milliers de migrants désormais bloqués dans le pays.

Alors que de nombreux secteurs en Europe subissent une crise importante (l’agriculture en particulier), il me semble indécent de délivrer une telle somme d’argent alors même que les principales victimes sont les travailleurs qui voudraient bien que l’aide en question leur soit accordée.

La Commission est dès lors invitée à répondre à la question suivante: quel objectif politique l’Union donne-t-elle à l’usage de ces 700 millions

Réponse donnée par M. Stylianides au nom de la Commission :

Le nouvel instrument d’aide d’urgence[1] témoigne de la solidarité qui unit les États membres de l’Union européenne (UE). Il aide un des États membres de l’Union quand ce dernier vient à être confronté à une situation extraordinaire dont l’ampleur et les répercussions sont telles qu’elles peuvent entraîner de graves difficultés économiques. Ce nouvel instrument permet à l’UE d’octroyer une aide financière d’urgence lorsqu’il est nécessaire de mettre en place rapidement des actions de secours et d’aide humanitaire au sein de l’UE, susceptibles de sauver des vies, destinées à protéger des personnes dans le besoin et à leur porter assistance.

La Commission a proposé de mettre à disposition un montant total de 700 millions d’euros, réparti en différentes tranches, entre 2016 et 2018, pour répondre aux besoins humanitaires croissants engendrés au sein de l’UE par l’urgence migratoire et l’afflux de réfugiés.

Le premier cycle de financement de ce nouvel instrument a ciblé plus particulièrement les besoins humanitaires les plus urgents recensés en Grèce où réfugiés et migrants se retrouvent bloqués. Le 19 avril 2016, la Commission a octroyé un montant total de 83 millions d’euros à l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), à un consortium paneuropéen de sociétés de la Croix rouge et à six organisations non gouvernementales européennes, notamment le Comité international de secours, le Conseil danois pour les réfugiés, Médecins du Monde, Oxfam, l’Arbeiter-Samariter-Bund (Union des ouvriers samaritains) et Save the Children. Les interventions concernées s’inscrivent dans la droite ligne du consensus européen sur l’aide humanitaire et des politiques et mesures connexes de l’UE, y compris celles qui portent sur la protection, les enfants en situation d’urgence, la santé, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, l’hébergement et l’alimentation, ainsi que des normes de Sphere[2] en matière d’aide humanitaire.

[1]     Règlement (UE) 2016/369 du Conseil du 15 mars 2016 relatif à la fourniture d’une aide d’urgence au sein de l’Union (JO L 70 du 16.3.2016, p. 1).

[2]     Humanitarian Charter and Minimum Standards in Humanitarian Response (charte humanitaire et normes minimales an matière d’aide humanitaire).