Les enfants européens davantage menacés de pauvreté

Les enfants européens davantage menacés de pauvreté

Comme le veut l’adage: abattez les frontières et vous lèverez mille forteresses. Alors que l’Union européenne s’interroge sur le bien-fondé de ses frontières face à la pression migratoire, de nouvelles frontières, insidieuses, se sont dressées au cœur même de l’Europe.

Le cercle de réflexion allemand Bertelsmann Stiftung a récemment alerté les instances européennes sur les fractures sociales et générationnelles qui se creusent en Europe.

Selon ce rapport, 26 millions de mineurs seraient menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe, ce qui représente une hausse de 1,5 % en huit ans. Dans les pays d’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce, Portugal), la pauvreté juvénile a augmenté de 5,1 % et frappe 1,16 million d’enfants et d’adolescents. La Hongrie, qui subit de plein fouet les flux migratoires, compte 41,4 % de mineurs vivant dans la pauvreté.

Considérant que les enfants européens sont davantage menacés de pauvreté, que, selon le principe de proximité de tout bon gouvernant, « charité bien ordonnée commence par ses citoyens » et, enfin, que cette appréciation ne renvoie à aucun postulat d’exclusion, mais répond au contraire à l’exigence de bonne administration, la Commission envisage-t-elle un moratoire sur l’immigration au sein de l’Union, au vu des raisons autrement impérieuses précitées ?

Réponse de la Commission :

La Commission reconnaît que la migration non seulement offre des possibilités, mais pose aussi des défis. L’agenda européen en matière de migration adopté par la Commission en mai 2015 présente une série de mesures de fond à mettre en œuvre à court et à moyen terme, afin qu’une politique commune de l’UE, claire et cohérente, puisse être mise en place dans le domaine de la migration et de l’asile. Dans sa communication du 10 février 2016 «sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des actions prioritaires prévues par l’agenda européen en matière de migration», la Commission a exposé les actions prioritaires à mener dans les semaines et les mois à venir afin d’aider à une gestion efficace de la crise des réfugiés, notamment en ce qui concerne la protection des enfants migrants. La Commission soutient également les efforts déployés par les États membres pour promouvoir l’intégration des ressortissants de pays tiers, afin de faire en sorte que la migration profite à la fois aux sociétés d’accueil et aux migrants eux-mêmes.

En ce qui concerne les personnes qui fuient la guerre et les persécutions et qui demandent l’asile, dont de nombreux enfants, l’Union européenne a à la fois l’obligation légale, inscrite dans le droit international et le droit de l’Union, et le devoir moral d’assurer leur protection. En 2013, la Commission a adopté la recommandation intitulée «Investir dans l’enfance pour briser le cercle vicieux de l’inégalité», qui appelle les États membres à intensifier leurs investissements dans les politiques familiales et de l’enfance. Les réponses politiques à la pauvreté des enfants font également l’objet de discussions régulières avec les États membres dans le cadre du processus du semestre européen et ont abouti à des recommandations par pays dans bon nombre de cas.