Echec de la diplomatie européenne face à la Turquie

Echec de la diplomatie européenne face à la Turquie

Question de Jean-François Jalkh au Parlement européen :

Dimanche 29 novembre 2015, les Européens ont capitulé devant la Turquie en cédant trois milliards d’euros à Ankara en échange d’une limitation escomptée de l’émigration illégale de Turquie vers l’Europe. Cette décision prouve qu’une crise politique et identitaire ne trouve dans l’Union européenne que « la réponse du portefeuille ».

En effet, les seuls migrants clandestins qui pourraient avoir une légitimité – à défaut de la légalité – de passer en Europe seraient les Syriens, et c’est précisément ceux que la Turquie s’engagerait à gérer à nos frais à l’intérieur de ses frontières. Les millions de migrants économiques d’Afrique, d’Asie centrale et du sous-continent indien ne sont donc pas concernés par cet accord.

Tout ne peut pas s’acheter: ni la sécurité, ni surtout le courage. Car la réalité est que l’UE se trouvait en position de force, ayant le choix de fermer hermétiquement sa frontière avec la Turquie, pour négocier ensuite l’aide que nous pourrions lui apporter à diverses conditions; la première d’entre elles eut été d’exiger la fermeture complète de la frontière méridionale de la Turquie, par laquelle passe le soutien humain et matériel à l’Etat islamique.
Pourquoi la diplomatie européenne n’a-t-elle pas agi en ce sens ?